Bonjour !

Nous sommes dans une attente qui nous paraît interminable : celle des résultats du Bac !

Donc je fais des puzzles...

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Comme vous le savez nous avons vécu plusieurs années de phobie scolaire ( 3 ! c'est long ! ) et nous touchons du bout des doigts, enfin ! la fin de cette période très difficile.

Certains ont la chance avec le contrôle continu de savoir qu'ils ont déjà le faleux sésame, mais d'autres comme ma fille, sont toujours dans l'incertitude et doivent continuer de travailler jusqu'au bout, en cas de rattrapage, la moyenne étant toute proche du 10, et ne sachant pas comment les jurys vont statuer....

Dans cette attente, j'ai beaucoup de mal à travailler, à me concentrer, et je suis extrèmement épuisée. Le confinement ayant ajouté beaucoup de stress à celui que nous avions déjà. Toute l'année a été ponctuée comme les deux autres auparavant de:

" Est-ce que Melle va réussir à tenir une journée complète ? " " vais-je devoir aller la chercher à l'infirmerie? " " Est-ce qu'aujourd'hui elle ne va pas avoir mal au ventre ? " On se lève à l'heure et on ne part jamais de la maison. Je dois stopper net toutes mes activités pour la récupérer au bus ou à 20 km de chez nous et cela seulement après 1 heure de cours !  Je ne peux plus faire mes courses au magasin, obligée de faire uniquement du Drive. Je ne peux plus sortir car je peux être appelée. Difficile de se lancer dans 1 de résine, le modelage par petits bouts ça le fait à peu près. Les cours manqués doivent être récupérés et ça ne marche jamais aussi bien qu'on nous l'a promis. Les réflexions des professeurs qui ne sont pas du tout formés à la psychologie de l'enfant, malgré un lieu de solarisation adapté à la phobie scolaire. Et chaque mot prononcé en méconnaissance de l'élève peut tout faire basculer en marche arrière. Votre enfnt peut quitter l'établissement sans que personne s'en aperçoive ! 

A cela s'ajoute les problèmes rencontrés par les élèves et parents d'élèves lambda:le poids des manuels scolaires que nous avons dû scanner entièrement, et cela nous a prit plusieurs mois. Le coût que cela représente ces manuels quand vous les payez 100 € et que vous ne pouvez pas les revendre cause réforme des lycées. Deux ans de suite que je paye des manuels qui ne sont pas revendables !

En tant que parents on se prend à rêver d'une école réformée mais dans le bon sens:  manuels payable en cotisation à l'année et qui resteraient dans les écoles, et dont l'élève aurait sa version numérique. C'est compliqué à mettre en place ça ???

Une école où l'on saurait déceler les élèves qui sont en phobie ou décrocheurs comme on a su nous dire pendant le confinement. Mais en prenant soin de leur proposer un accompagnement adapté. 

Une école où l'on pourrait retouver facilement en ligne les cours manqués ? Ce n'est pas possible ??? 

Son ancien lycée n'a pas voulu que notre fille soit inscrite chez eux pour le cours d'informatique et science du numérique ( ISN ) car ils ne supportaient pas l'idée qu'elle ne puisse pas venir en présentiel assister à ce cours. Mais aussitôt les élèves confinés comment ont-ils fait ces élèves avec leurs cours d'ISN ? Un cours dématérialisé ne peut-il pas être enseigné à distance ? On ris jaune mais on est très déçus comme elle veut aller dans le numérique. Mon mari de colère a envoyé un mot au ministre de l'éducation nationale, en 2019, nous attendons toujours qu'on nous réponde, visiblement le numérique n'est pas une priorité.

Sa nouvelle école n'a pas fait l'effort de lui trouver cet enseignement, arrivés en Décembre nous étions toujours dans l'attente de la réponse de l'école, qui avait jugé bon de ne pas nous tenir informé. Nous avons dû nous débrouiller seuls, et aucun lycée n'a été en capacité de répondre favorablement. 

L'ancien lycée nous a clairement mit des bâtons dans les roues faisant de nous les parents que nous ne sommes pas. Et notre fille totalement abandonnée, incomprise, alors que son dossier de seconde était excellent. Si on n'aide pas les élèves qui veulent travailler on les enfonce. Et la colère s'est installée en elle, il y a beaucoup de rancoeur, en nous aussi, car le temps a été gâché. Une année de perdue.

Cette école là me dégoûte de plus en plus, déjà que son collège n'a pas réagi face au harcèlement qu'elle a subi...

Et puis comme tous, nous avons subi les grèves, plein de jours de grève, où c'était difficile de se rendre jusqu'à son école car les bus n'étaient plus accessibles, se retrouver au milieu des manifs n'était pas envisageable donc " retour à la maison ! ". Donc oui elle avait commencé à aller de plus en plus en cours, et oui elle a commencé à aller à nouveau de moins en moins. Elle a reperdue confiance, cette confiance qu'il faut des mois pour améliorer s'effondre en quelques jours.

 

Et nous ajouterons un petit confinement pour finir l'année en beauté. Elle était bien à la maison ça c'est sûr !!! mais travailler seule tout ce temps sans relâcher je lui tire mon chapeau ! Là elle arrive à bout !

Des classes virtuelles d'une dizaine de minutes alors que les cours sont de 1h30 à 2 h....Et après on dit que c'est les élèves qui décrochent. On a dû payer un abonnement pour l'aider. Nous n'avons pas eu de CNED comme annoncé par le gouvernement. Et sa classe a été bombardée de mails de cours la première semaine ce qui a contribué à perdre quelques élèves en cours de route. Ma fille s'est sentie submergée, alors on a dit: tu fais tranquille, dans l'ordre que tu veux et à ton rythme.

Et avec ça les profs ont voulu leur imposer le même planning !!! mais quand-même ! ils sont assez grands pour s'organiser ! 

On nous a dit qu'il fallait qu'ils apprennent l'autonomie, mais en mode confinement on les infantilise !

Nous ne savons plus quoi penser de cette école ( l'école en général, l'éducation nationale ), tellement nous avons traversé de choses et tellement il y a de choses à dire.

Ma fille a souffert toute sa scolarité. Son amie en pleine réforme a finit elle aussi à l'hôpital et a dû sacrifier son année scolaire, et je sais que beaucoup souffrent de la réforme. Je ne sais pas quelle école on est en train de construire, mais elle va faire beaucoup de dégâts. Ne pourrait-on pas sacrifier une petite partie du programme scolaire 2020-2021 afin de faire racrrocher les wagons aux élèves ? 

Il y a peu de temps nous avons regardé un documentaire sur la phobie scolaire, et ça nous a fait du bien ! Des parents comme nous, des enfants dans une situation compliquée, qui ne sont plus capables du jour au lendemain de mettre les pieds dans leur école. Des parents et des enfants en souffrance. Nous nous sommes sentis un peu moins seuls ! Tout ce qu'on a attendu nous ressemblait tellement. Je souhaite beaucoup de courage à tous les enfants qui ont traversé cette année particulière, et j'encourage leurs parents à ne pas baisser les bras ! un enfant soutenu est un enfant qui a beaucoup plus de chance de s'en sortir.

J-7 avant les résultats !!!

Voilà notre impatience, pour enfin tourner la page de l'éducation nationale, et passer à autre chose.

Merci de m'avoir lue jusqu'au bout !

 

Pour celles et ceux qui n'ont pas eu la chance de tomber par hasard sur le documentaire :

phobie scolaire, burn out de l'enfance ,je vous met ici le lien

Ils ne sont ni paresseux, ni « décrocheurs » mais atteints d´un mal étrange, la peur irrationnelle d´aller à l´école. Lisa, Hugo, Tom et Philippe tentent de faire face à cette phobie scolaire qui les malmène, jusqu´au plus profond de leur être. Leur univers s´est peu à peu rétréci, jusqu´à parfois ne plus être constitué que par les quatre murs de leur chambre, depuis le jour où leur tête, leur corps n´ont plus pu les porter jusqu´à l´école.
Leurs parents, pas du tout préparés à affronter la violence de cette pathologie - qui n´est pas reconnue en tant que telle - se heurtent à l´incompréhension générale, devenus comme prisonniers eux-mêmes, entre la pression sociale et des enfants qui se renferment. Face à l´institution qui met en avant            l´obligation légale de scolariser les enfants, enfants et parents tentent de trouver des solutions, qui leur permettent de croire à nouveau dans un avenir où chacun pourra trouver sa place.